Par Xella et Ysis

Wiccanes :

Gardnérienne : première tradition wiccane, instaurée par Gerald Gardner. Doreen Valiente en fut une des premières Hautes-Prêtresses. Pour les Gardnériens, on ne peut être initié à la Wicca que par une personne dont la lignée remonte à Gardner. Le système initiatique est construit sur trois degrés. Les Gardnériens sont conservateurs et secrets : ils ne partagent aucune information et respectent les enseignements et rituels contenus dans le grimoire qui se passe de générations en générations. Les enseignements sont inspirés de Franc-maçonnerie, d’Aleister Crowley et de traditions folkloriques, surtout celles de la Grande-Bretagne et d’Italie.

Alexandrienne : tradition créée par Alex Sanders, initié à la tradition gardnérienne. Outre les enseignements gardnériens, la tradition Alexandrienne s’inspire de : la Kabbale, la magie cérémonielle et la magie énochienne (magie angélique). Cette tradition est plus éclectique et libre et la formation de groupe est plus présente (alors que dans le Gardnérianisme, elle est solitaire). Pour eux aussi, l’initiation n’est valable que si elle octroyée par une sorcière de rang plus élevée et elle-même initiée de cette façon. Janet et Stewart Farrar en sont les deux porte-paroles les plus connus.

Dianique : tradition américaine fondée par la féministe Zsuzsanna Budapest. Elle incorpore des enseignements des traditions wiccanes traditionnelles (Gardnérienne, Alexandrienne), du folklore étrusque, des valeurs féminines. La plupart des covens sont composés uniquement de femmes. Contrairement aux traditions wiccanes majeures, la tradition Dianique honore la Déesse seulement, jugeant qu’elle est l’émanation de la Source et qu’elle contient en elle les deux polarités. Les Dianiques sont moins sévères et secrètes face à leur enseignement. Shekhina Mountainwater est une autre pionnière du mouvement dianique.

Éclectique : comme son nom l’indique, cette tradition s’inspire de tout tant que cela fonctionne et respecte une certaine éthique, calquée sur le Wiccan Rede (le Crédo des Sorcières). L’auto-initiation est jugée crédible par ses membres.

Celtique : cette tradition est construite sur les enseignements de bases de la Wicca traditionnelle et incorpore des éléments celtiques : divinités, fêtes de la roue de l’année, termes et concepts.

Néo-wicca : Le terme néo-wicca émerge de plus en plus et représente les wiccans qui ne se reconnaissent pas dans les traditions de lignées Gardnériennes. Généralement, les néo-wiccans préfèrent ce terme à « wicca éclectique » car malgré un certain éclectisme, ce n’est pas la finalité de leur croyance; ils diront plutôt qu’ils croient en une wicca qui a grandement changé depuis sa création. Ce qui caractérise le plus la néo-wicca est l’intégration d’une autre spiritualité à celle de la wicca (bouddhisme, gnosticisme, chamanisme, etc.) et le rejet de toutes formes de dogmes établis par Gardner comme la croyance absolue en un dieu et une déesse. Mandragore est une école de philosophie néo-wiccane.

Dans la plupart des traditions wiccanes, on prône la liberté d’expérimentation. On utilise le terme « orthopraxie » pour parler d’une « façon commune de faire » et non « orthodoxie » qui signifie plutôt « une façon commune de penser ». Même si on répète les mêmes rituels et que chaque membre peut remplir n’importe quel rôle et fonction, on encourage les gens à expérimenter à leur façon.

Wiccan Ritual - Mabon

Néo-païennes :

Asatru : la plus connue des traditions rassemblant les croyances et pratiques venues de l’Europe du Nord. Ces croyances sont structurées et organisées autour d’un Arbre-Monde, un pilier cosmique, à l’intérieur duquel existent neuf mondes, où habitent neuf races d’être vivants, dont les dieux et les humains. Les divinités les plus populaires sont : Odin, Freyja, Thor et Frigg. Les Asatrus suivent un code d’honneur moderne, nommé les Neuf Nobles Vertus, qui sont : courage, honnêteté, honneur, loyauté, discipline, hospitalité, persévérance, autonomie et effort. Les pratiques magiques et spirituelles incluent : les voyages entre les mondes, le travail avec les animaux de pouvoir, la divination et la prophétisation, le système magique des runes, les sorts de guérison, d’amour et de fertilité et le culte aux divinités. Les deux rituels les plus populaires sont le blot (rituel de dévotion) et le sumbel (rituel de célébration, se pratique nécessairement en groupe).

Khémitisme : les Khémets tentent le plus possible d’appliquer le précepte nommé Ma’at, qui symbolise l’ordre cosmique de toute chose. Ils honorent les Neteru, divinités égptiennes, comme Aset (Isis), Wesir (Osiris), Heru (Horus), Ubasti (Bastet), etc. Le Khémitisme se base sur les écrits académiques et historiques pour reconstituer dans un contexte moderne leurs rites, cultes et croyances.

Néo-celtisme et néo-druidisme : parce que le Druidisme antique était une tradition orale, le néo-druidisme s’inspire du peu d’information ayant survécu jusqu’à nos jours. Plusieurs groupes en Europe et aux États-Unis offrent des visions différentes. Dans certains groupes druidiques, on retrouve un système initiatique où trois rôle et fonction sont à atteindre : le Barde (le poète, l’historien), l’Ovate (le chaman, le devin) et le Druide (le prêtre, le leader de la communauté). Dans les groupes celtiques et non druidiques, la hiérarchie est moins importante et la relation du celtisant avec la nature, surtout les plantes et les arbres, est privilégiée. Les divinités les plus populaires sont : Cerridwen, Bridgid, Dana, Lugh, Cernunnos.

Stregheria : popularisée par Raven Grimassi, c’est une tradition basée sur le folklore traditionnel italien. Les divinités sont classées en trois familles : le Clan de la Lune, le Clan des Étoiles et le Clan des Plantes. Les Streghe utilisent un système de symboles magiques et divinatoires. Les divinités honorées sont celles des panthéons greco-romain, étrusque, phrygien et des divinités locales.

Indo-paganisme : tradition récente qui incorpore des pratiques païennes et orientales, par exemple : les huit fêtes de la roue de l’année, les panthéons hindou et bouddhiste, les fêtes orientales, la pratique du yoga, etc.

Reclaiming : cette tradition mélange les influences de la tradition Faery (une tradition extatique qui se concentre surtout sur l’aspect sensuel des expériences spirituelles), de la Dianique et des mouvements féministes, politiques et environnementaux.

Reconstructionnisme et universalisme :

Reconstrutionnisme : Les paganismes reconstructionnistes cherchent à reconstruire les traditions, rites, pratiques, et même parfois les codes moraux et éthiques, des paganismes ancestraux, en interprétant les diverses sources écrites ayant survécu. Ces paganismes rejettent :

  • Les pratiques inspirées et venues d’autres traditions (exemple : les chakras)
  • Le culte de divinités de panthéons externes au leur (exemple : on n’invoquera pas des divinités de plusieurs panthéons)
  • La vision hénothéiste et/ou monothéiste des dieux et déesses (tous les dieux sont indépendants et séparés les uns des autres)
  • Les archétypes divins

Dans des cas extrêmes, certains reconstructionnistes et/ou groupes reconstructionnistes sont d’avis que chaque païen devrait appartenir à la tradition de sa lignée ancestrale. Par exemple, un Africain ne pourrait suivre les enseignements du Celtisme.

Les expériences personnelles sont encouragées, tant qu’elles sont clairement identifiées comme telles. Les anglophones utilisent le terme « Gnose personnelle non-vérifiable » pour qualifier ces expériences personnelles qui ne peuvent être vérifiées à l’aide des sources retrouvées.

Des exemples de traditions reconstructionnistes :

  • Asatru
  • Khémitisme
  • Nova Roma
  • Certains celtismes, bien que cela sujet à de grands débats, puisque la tradition celtique ancestrale était orale et que la majorité des sources dont nous avons hérité n’a pas été écrite par des mains celtes

Universalisme : À l’inverse du reconstructionnisme, l’universalisme embrasse l’éclectisme, la liberté d’exploration de chacun et les intérêts personnels. On ne peut pas parler de traditions païennes universalistes, mais plutôt d’individus et de sous-groupes.

On croit que chaque personne est libre de posséder sa vision des divinités, de piger ici et là dans diverses traditions et pratiques spirituelles.

Le plus important, c’est le respect, tant des individus, que des traditions dont on s’inspire.

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