roue de l'annéeLe néo-paganisme est parfois définit comme une voie spirituelle duothéiste car elle représente la force créatrice universelle sous la forme de la Déesse et du Dieu. Une Source avec deux visages. En fait les choses sont nettement moins tranchées, puisque ces représentations, nécessaires pour notre appréhension du Divin, ne sont qu’une et en même temps multiples. Le néo-paganisme est polythéiste, panthéiste et animiste; la divinité revêt de multiples aspects, elle est partout et chaque « chose » contient une parcelle de l’énergie divine.

La Roue de l’Année est liée aux rythmes des saisons, la fameuse roue de l’année, qui contient en elle l’essence des mystères. La roue de l’année est un voyage, au cours duquel nous seront révélés les différents aspects de la Déesse et du Dieu, qui seront aussi les différentes étapes de notre initiation et de notre évolution spirituelle.

A l’équinoxe de printemps sont célébrées les fiançailles de la Déesse et du Dieu, Beltaine célèbre les noces sacrées et la venue de l’été. Lughnasad est la récolte et le sacrifice du Dieu pour fertiliser la Terre. Il va devoir conquérir le Monde d’en Dessous. A l’équinoxe d’automne, le Dieu revient du Royaume souterrain en vainqueur pour réclamer sa Reine et l’emmener avec lui en son Royaume. Samhain, fête des morts, est l’instant où mince est la frontière entre les deux royaumes. A Yule, naît le jeune Dieu Soleil, et a Imbolc, la Déesse revient du Monde souterrain, à nouveau Vierge.

Pourquoi imager la Roue avec la relation Dieu/Déesse? Anciennement, les gens étaient proches de la Terre et ils étaient conscients que la nature possédait en elle les deux polarités. Ils savaient aussi que la nature était si mystérieuse et divine que seul des mythes pouvaient expliquer symboliquement l’essence divine de la nature et du cosmos. Comme si les changements des saisons, la mort et la renaissance était l’explication même de ce qu’est le divin… Depuis le retour à la nature depuis les années 60 (mouvement hippie), l’éco-paganisme est très populaire justement à cause de ce besoin de reprendre sa place auprès de la nature et donc du divin.

Yule : vers le 21 décembre (solstice d’hiver)
La Déesse donne naissance à un fils, le Dieu, au moment de Yule. Il ne s’agit pas ici d’un emprunt fait au christianisme. Le solstice d’hiver est considéré depuis longtemps comme une période de naissances divines. Les historiens, lorsqu’ils abordent le sujet de l’histoire de Noël, parlent que la tradition de l’enfant Jésus qui naît le 25 décembre était en effet, avant l’arrivé du christianisme, représenté par une femme qui donne naissance à un dieu soleil. On dit que Mithra est né à cette période. Ce fut adopter par les chrétiens pour leur usage en l’an 273 de l’ère chrétienne.

Yule est l’époque de la nuit la plus longue et du jour le plus court de l’année. Après ce jour le temps d’ensoleillement augmentent jour après jour. La Déesse donnant naissance au Dieu, qui est représenté par le soleil, marque ainsi la renaissance de la lumière. L’enfant Dieu grandissant est le soleil qui se fait de plus en plus présent. Plongée dans le sommeil pendant l’hiver de l’enfantement, la Déesse récupère après l’accouchement. Yule constitue un vestige des rituels primitifs célébrés pour hâter la fin de l’hiver et la fécondité du printemps. De nos jours, cette célébration nous rappelle que la mort apporte finalement une renaissance.

Imbolc : 2 février
Imbolc souligne le rétablissement de la Déesse après que celle-ci eut donné naissance au Dieu. L’allongement des jours la tire de son sommeil. Le Dieu est maintenant un jeune homme robuste, mais son pouvoir se fait sentir pendant les jours les plus longs. Sa chaleur fertilise la terre et fait germer les graines. Dès lors le printemps fait son apparition. Sabbat de purification après la réclusion de l’hiver, grâce au pouvoir régénérateur du Soleil, Imbolc est également une célébration de la lumière et de la fertilité, qui était jadis célébré en Europe par des brasiers, des flambeaux et le feu sous toutes ses formes. Le feu représente ici aussi bien notre illumination et notre inspiration personnelles que la chaleur et la lumière.

C’est l’une des époques traditionnelles d’initiation dans les covens et par conséquents, des rituels d’engagement personnel.

Ostara : vers le 21 mars (équinoxe du printemps)
Les énergies de la nature passent subitement de la léthargie hivernale à l’exubérance printanière. Sortant précipitamment du sommeil, la Déese couvre la terre de fertilité, pendant que le Dieu se développe et gagne en maturité. Il parcourt les champs verdoyant et se réjouie de la luxuriance de la nature. Ostara étant l’équinoxe du printemps, le jour et la nuit ont la même duré. La lumière l’emporte sur les ténèbres ; la Déesse et le Dieu poussent les animaux sauvages à se reproduire. Ostara est l’époque des commencements, le temps d’agir et de « semer  » des incantations pour récolter des gains, de s’occuper des jardins rituels.

Beltane : 30 avril
À Beltane le Dieu devient homme. Exalté par les énergies à l’Oeuvre dans la nature, il désire la Déesse. Ils tombent alors amoureux, s’étendent sur le lit de verdure au milieu des fleurs et s’unissent. La Déesse devient enceinte du Dieu et les néo-païens célèbrent la fertilité.
Beltane est aussi appelée fête du Premier mai. Ce dernier nom provient particulièrement des villages d’Angleterre. Jadis, les arbres de mai, symbole phallique par excellence, étaient au centre des célébrations rituelles. Plusieurs se levaient à l’aube pour cueillir des fleurs, des rameaux verts dans les champs et les jardins, les utilisant pour se parer ou pour décorer l’arbre de mai et leur demeure.

Les fleurs et la verdure représentent la Déesse, tendis que l’arbre de mai représente le Dieu. Beltane signifie le retour de la vitalité, de la passion et des espoirs réalisés. Aujourd’hui l’arbre de mai est parfois intégré au rituel entourant la journée de Beltane, mais le plus fréquemment la célébration se déroule autour du chaudron, signe de la Déesse, l’essence de la féminité, l’aboutissement de tout désire, l’égal et pourtant tout le contraire de l’arbre de mai, symbole du Dieu.

Litha : vers le 21 juin (solstice d’été)
Litha se produit lorsque la nature est à l’apogée de sa puissance. La terre nage dans la fertilité de la Déesse et du Dieu. Le solstice d’été est donc une période favorable aux pratiques magiques de toutes sortes. Jadis on allumait des feux de joie pour favoriser la fertilité, la purification , la santé, l’amour. Le feu représente le soleil que l’on fête en cette période où les jours sont les plus longs.

Lughnasadh : 1er août
Lughnasadh ne fut pas toujours fêtée à cette date précise puisqu’elle correspondait à l’origine à la première récolte, lorsque les plantes printanières se fanent et laissent tomber leurs fruits ou leurs graines pour notre usage et pour assurer les récoltes futures. Allégoriquement, les forces du Dieu décroissent aussi alors que le soleil se lève toujours plus au sud chaque jour et que les nuits rallongent. La Déesse demeure, avec une tristesse mêlée de joie, consciente que le Dieu est mourant et que pourtant il vit en elle, dans l’enfant qu’elle porte.
L’été s’en va et les gens retrouvent sa chaleur et sa générosité dans la nourriture qu’ils mangent. Chaque repas représente un acte d’harmonisation avec la nature et nous rappelle que rien n’est permanent dans l’univers.

Mabon : vers le 21 septembre (équinoxe d’automne)
Mabon marque l’achèvement des récoltes commencées à Lughnasadh. Une fois de plus, les jours et les nuits sont égaux, en état d’équilibre, alors que le dieu se prépare lui à quitter son corps physique pour entreprendre la grande aventure dans l’invisible, pour se régénérer et renaître de la Déesse.

La nature à son déclin retire ses dons, se prépare au repos hivernal. La Déesse somnole sous les feux faiblissants du Soleil, même si le feu brûle en son sein. Elle sent la présence du Dieu alors même qu’il s’affaiblit.

Samhain : 31 octobre
Les néo-païens font leurs adieux au Dieu. Mais ce n’est qu’un aurevoir, le Dieu n’est pas enveloppé des ténèbres éternelles ; il se prépare à naître de nouveau de la Déesse à Yule.

Samhain, également appelée Veille de novembre, fête des Morts, fête des Pommes, fête de tous les Saints et jour de la Toussaint, était jadis un temps sacrificiel. C’était à cette époque que l’on abattait les bêtes afin de se procurer de la nourriture pour le plus fort de l’hiver. Le Dieu, qui était identifié aux animaux, tombait aussi pour assurer la continuité de notre existence. (*Nos rites ne contiennent toutefois pas de sacrifice d’animaux.)

Samhain est un temps pour réfléchir, pour revenir sur l’année qui vient de s’écouler, pour accepter un phénomène de la vie qui échappe à notre contrôle, la mort. Le voile qui sépare le monde matériel et celui des esprits est très mince cette nuit-là. On se souvient de ses ancêtres et de tous ceux qui les ont précédés dans la mort.

Après la fête de Samhain, c’est Yule, complétant ainsi la « roue de l’année ».

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